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Après le GP d'Allemagne, tu es onzième du championnat du monde 250, et surtout premier privé. Quel bilan tires-tu de cette première partie de saison ?
Cette année est vraiment particulière, puisque les retrouvailles avec le team Scrab (Equipe GP de France) ont crée beaucoup d'attente et d'émulation pour nous tous. L'équipe avait connu plusieurs saisons difficiles, et pour moi aussi 2004 avait été décevante. Nous avions un objectif commun : terminer premier privé, et si possible se glisser régulièrement parmi les usines. Jusqu'à maintenant nous remplissons notre contrat, et cela renforce la cohésion. Il y a vraiment une super ambiance dans l'équipe, une super atmosphère, et je dois dire que le team travaille très bien pour me faire une moto performante. C'est très motivant.
Ça n'a pourtant pas été facile, puisqu'il a fallu attendre le GP d'Angleterre pour que tu prennes enfin l'ascendant sur Alex Debon, ton principal rival dans la course au titre de meilleur privé.
Oui, on a un peu joué de malchance en début de saison. A Jerez, j'abandonne sur un problème mécanique dont le team n'est absolument pas responsable. A Shangaï, je termine la course, mais avec de gros soucis d'embrayage. Dans ces conditions ce n'était pas évident ! Enfin au Mugello, je me fais percuter... Avec un peu plus de réussite, on aurait pu avoir plus de marge, mais bon, maintenant on est devant...
Ce fameux classement de meilleur privé a-t-il une réelle valeur auprès des usines ou des teams managers ?
Pour les usines c'est important, surtout dans le cas où un pilote Aprilia se bat contre un pilote Honda, car cela permet de montrer quelle est la meilleure machine compé-client, dans l'optique d'en vendre aux teams privés la saison suivante. En ce qui concerne les pilotes, tout le monde suit le classement dans le paddock, surtout cette année, où il y a vraiment un championnat à deux vitesses, tant l'écart est important entre les motos d'usine et les motos client. Du coup, lorsqu'un privé arrive à se glisser au milieu des usines, cela se remarque d'autant plus.
En 2003, pour ton retour à la course en 250 après avoir été pilote de développement chez Tech3, tu a fais une saison promettteuse, mais 2004 a été très décevante pour toi. Et cette année, tu retrouves enfin un super niveau. Comment expliques-tu la différence entre 2004 et 2005 ?
En fait, les motos sont les mêmes entre les deux teams. C'est difficile de dire pourquoi 2004 s'est si mal passée. La saison d'avant, chez Campetella avait été très bonne, puis ensuite ça n'a pas marché, mais c'est dû à un enchaînement de circonstances... La différence avec l'Equipe GP de France tient surtout à notre compréhension mutuelle, et à l'émulation qui règne dans le team. On travaille beaucoup, mais dans la bonne humeur, et encore une fois, l'équipe technique réalise un très très gros boulot sur la machine.
Tu as bon espoir de terminer la saison en tant que meilleur privé du championnat. La prochaine étape est de récupérer une machine d'usine ?
Bien sûr, aujourd'hui, pour gagner des places, il me faut une machine officielle c'est clair. Maintenant, ce serait bien que cela se fasse dans mon équipe actuelle. Le potentiel technique est là, nous nous comprenons parfaitement, et ce serait bien d'avoir un team français au top en 250. Mais il faut des sous !
Depuis le début de la saison, tu utilises l'amortisseur Bos. Après 10 GP tu en est toujours aussi satisfait ?
Oui, tout à fait. En fait, nous l'avons adopté dès les essais hivernaux, et depuis on ne l'a pas quitté. Je suis très content du produit, et du ressenti qu'il me procure, et c'est également le cas de l'équipe, notamment Flavio, le responsable suspensions, qui a de super sensations sur cet amortisseur.
Quels en sont les points positifs selon toi ?
Tout d'abord ce que nous avions pressenti en essais hivernaux se confirme, puisqu'il entraîne une usure moindre du pneu arrière. Ensuite, les possibilités de réglages sont plus fines, et surtout très pratiques, avec le système du coefficient : on change très rapidement le comportement de l'amortisseur et de la moto. Enfin, sa légéreté est aussi un point important pour moi, même si je ne la ressens pas directement sur la moto.
Tu as trouvé des différences entre le prototype que tu as utiisé en début d'année et le modèle définitif reçu à Barcelone ?
En comportement, c'est pareil (heureusement -ndr), par contre, les réglages sont plus accessibles, et psychologiquement, pour le pilote cela apporte un petit plus de savoir que tu roules avec un produit abouti.
Vous avez rencontré des difficultés en début d'année sur le mouillé pour régler l'amortisseur, mais depuis tu as roulé devant à Donington avec le Bos. Cela signifie-t-il que vous avez progressé dans ce domaine ?
Oui, en début de saison, le prototype ne permettait pas de régler la précharge facilement, pour une question d'accessibilité, et cela nous handicapait. De plus, nous n'avons pas eu l'occasion de faire des tests sur le mouillé, et nous manquions donc de mise au point dans ces conditions. Ce n'est pas en une petite heure d'essais libres qu'on peut mettre au point un amortisseur en partant de zéro. Maintenant, avec l'expérience, nous avons pu trouver des réglages satisfaisants à Donington. J'étais sixième avant de chuter, et j'avais le second temps du warm-up, donc c'est que ça marche. Il nous reste encore un peu de développement à faire dans ce domaine particulier, mais nous progressons bien.
A Donington, tu as également reçu le kit conçu et mis au point par Bos, afin de pressuriser la fourche standard, et tu l'as utilisé en course d'entrée, peux-tu nous en parler plus précisément ?
Je sais que vous avez réalisé le kit très rapidement, et que Flavio a participé au développement au banc dans votre atelier, avant Donington. Dès le début du GP, on était bien, et nous n'avons pas modifié grand'chose. J'ai de bonnes sensations avec la fourche, et j'ai continué à l'utiliser au Sachsenring. Ceci dit, ces deux circuits sont assez particuliers, et ne sollicitent pas trop le pneu avant. Nous aurons donc plus d'éléments à Brno, mais je suis très confiant.
Globalement ta collaboration avec Bos-Engineering semble donc positive ?
Tout à fait, je suis vraiment content qu'on se soit rencontrés. J'ai été assez surpris de la rapidité avec laquelle le projet s'est mis en place et s'est avéré compétitif. Notre collaboration se passe bien, et le travail que nous avons effectué cette saison apporte de la performance, mais aussi de l'expérience au team en matière de suspensions. C'est un super défi pour tout le monde, pour Bos, bien sûr, qui découvre une nouvelle discipline, mais aussi pour nous, et j'espère que nous pourrons continuer à évoluer ensemble en vue de la saison prochaine. |
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